Nécessité du silence

Nous ne pouvons pas l’ignorer : le gouvernement a décidé d’un nouveau confinement dans lequel tous les lieux de culte peuvent rester ouverts mais où aucun service religieux ne peut avoir lieu.

Concrètement, nous allons fermer les portes de nos deux dojo (à Halle et à Bruxelles).

Nous approuvons ces mesures.

En cette période automnale, où la lumière diminue et où les jours raccourcissent considérablement, les gens ont besoin de contacts (intimes). Cependant, nous devons oser faire face à la réalité de notre secteur de la santé. Les chiffres des infections d’aujourd’hui dépassent déjà ceux de mars et le nombre d’admissions hospitaliers dépasse déjà la capacité maximale. Le personnel soignant est fatigué, voire malade : on ne doit pas leur faire ça.

Nous sommes obligés de garder nos distances si nous voulons maîtriser cette pandémie.

Les règles en tant qu’exercice spirituel


En août, Annemie Genshin Van Attenhoven, de notre dojo, a écrit que les règles imposées par Covid-19 sont « un exercice spirituel ». Aujourd’hui, il n’en est pas autrement. Le nouveau confinement nous force à prendre d’autres habitudes qui va à l’encontre de nos « sensibilités » et de nos « désirs », mais qui conduit également à un renforcement de notre pratique de l’attention et de l’amour bienveillant (metta).

Mentalement aussi, nous ne devons pas nous laisser contaminer par la peur. Nous ne devons pas devenir nihilistes.

Comment vivre avec la pandémie ? Avec les règles fixées par le gouvernement ? Comment pouvons-nous maintenir des contacts « sans contact » les uns avec les autres ?  Comment sommes-nous censés interpréter tous ces faits ? Raisonnée à partir du point de vue de l’ego, cette pandémie est absurde et restreint « ma » liberté de façon terrible.
Raisonnée à partir de l’acceptation de la loi de dukkha, c’est une raison pour apprendre à voir le contexte général de la vie : « Je » au milieu de quelque chose qui me transcende.

Plus que jamais, nous avons tous besoin de méditation, de paix et de silence. Précisément pour faire cet exercice d’observation.

Silence


C’est plus que jamais une invitation au silence, à l’immobilité.

Zazen est ce silence que l’on peut pratiquer et qui est fondamentalement réparateur.

En 1896, Maurice Maeterlinck a écrit le livre « Le Trésor des humbles », un recueil d’essais mystiques. L’essai avec lequel le livre s’ouvre est « Silence » dans lequel il écrit : « Le silence est l’élément dans lequel les grandes choses se forgent, afin qu’elles puissent enfin émerger, parfaites et majestueuses, à la lumière de la vie qu’elles vont dominer ».

Photo: David Gabriel Fischer – Zen Diary